Yan Duyvendak et Nicole Borgeat pour "You Invited Me, Don’t You Remember ? • Self Service • My Name is Neo (for fifteen minutes)"
Dans cette installation de cinéma, oubliant la raison raisonnante, guidé par ses sensations, délaissant la narration pour parcourir les régions dédiées aux affections visuelles et aux impressions sonores, dans une obscurité percée de traces lumineuses, le visiteur pourra s’abandonner, les sens en éveil, au sommeil de l’imagination.
Sutra est une forme de journal de voyage, qui a mené Sidi Larbi Cherkaoui vers l’une des sources de son inspiration, le temple Shaolin en Chine, berceau du kung-fu, lieu mythique où l’on croise le fantôme de Bruce Lee et l’une des pensées du corps les plus élaborées au monde, la spiritualité monacale et la pratique des arts martiaux.
Trois pièces courtes, trois regards incisifs sur les passions humaines, trois observations directes, immédiates des désirs et des pulsions d’individus confrontés à tous les tropismes…
Quand on les voit côte à côte, Virgilio et Fosco Sieni, fils et père, ont le même visage grave, un même air décidé, un regard profond, et partagent une authenticité populaire et mélancolique. Le plus vieux, et plus petit, est simplement “encore moins danseur” que le plus jeune. Sans cesse, ils vont se chercher, se tenir, parfois se repousser. Ils “dansent” ensemble, le corps oblique, en équilibre instable, parfois en se donnant la main, en partageant un jeu, un verre, une table, un exercice du corps, c’est-à-dire aux antipodes de la chorégraphie et des duos de prestige.
Deux hommes au physique mal dégrossi pénètrent dans un appartement désuet, jouant devant nous des personnages avec une virtuosité époustouflante. L’un se transforme en Sonia, une femme pleine de contrastes, voire de contradictions: rêveuse, solitaire, romantique, innocente et naïve, mais également femme d’intérieur, briquant la vaisselle, cuisinant ses gâteaux, prête à tous les sacrifices. L’autre est une sorte de projection bien réelle et imaginaire des hommes qu’elle n’a pas eus, mais aussi l’incarnation de cette société cruelle qui la manipule, lui fait du mal, et la conduit jusqu’au désespoir, jusqu’au mélodrame
Inferno est un monument de la douleur. L’artiste doit payer. Dans la forêt obscure où il est d’emblée plongé, il doute, il a peur, il souffre. Mais de quel péché l’artiste est-il coupable ? S’il est ainsi perdu, c’est qu’il ne connaît pas la réponse à cette question. Seul sur le grand plateau du théâtre, ou au contraire muré dans la foule et confronté à la rumeur du monde, l’homme que met en scène Romeo Castellucci subit de plein fouet cette expérience de la perte de soi, désemparé.
Avec Das System (Le Système) il s’agit, à travers des textes relativement courts, parfois tragiques, souvent humoristiques et décalés, de poser des questions critiques sur notre incroyable facilité à accepter la société du spectacle telle qu’elle s’étale sur nos petits écrans lumineux et pénètre au plus intime de nos vies quotidiennes.