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A Mots Découverts - AMD
Encre Fraîche 2007 - A. Koutchevsky
Retour de l’auteur sur le travail
« En arrivant à Paris, pour la semaine de travail avec les comédiens d’à mots découverts, Les morts qui touchent était une collection de fragments. J’avais en tête l’idée d’en faire une véritable pièce, assumée comme telle, où l’on pourrait lire une structuration globale. Mais je ne savais absolument pas par quel bout reprendre le texte.
L’immense mérite des comédiens de cette session Encre fraîche a donc été de me remettre au travail, et ce, de manière rapide et intensive. Nous avions prévu des séances en commun tous les après-midi et une matinée sur deux, pour me permettre d’écrire les matinées restantes.
Au cours de la deuxième matinée d’écriture, quelque chose s’est déclenché, et le principe d’organisation du texte m’est apparu clairement : fractal et géographique. J’ai alors appelé Axel Petersen, organisatrice de la semaine, pour lui demander si on pouvait commencer plus tard que prévu dans l’après-midi. Dans la petite chambre au rez-de-chaussée où je travaillais, dans le treizième arrondissement, j’avais besoin d’un petit surplus de temps pour lancer véritablement la machine. J’avais besoin d’imprimer les cartes géographiques des endroits dont je parlais dans le texte, besoin de m’environner de ce matériau pour faire vivre l’écriture, besoin de me sentir submergé.
Au cours de la semaine, cette intuition d’une structure fractale et géographique s’est peu à peu confirmée grâce aux retours des comédiens et à la confiance qu’ils m’ont témoignée. Les essais de mise en jeu, sur la moquette d’une salle du Théâtre de l’Est Parisien, où se déroulait la semaine, m’ont poussé à développer certains rapports entre les fragments et, du coup, à repenser ce qui se racontait dans l’ensemble du texte. Des échos inattendus, des réseaux de sens auxquels je ne m’attendais pas, s’étaient mis à murmurer.
En revenant chez moi, à Rennes, j’ai poursuivi sur ma lancée, fait des choix parmi toutes les pistes ouvertes à Paris avec les comédiens. Aujourd’hui, début mai 2007, la fin est proche, je crois. L’objet s’est transformé, il est encore en chemin, mais sur ce chemin il m’arrive souvent d’entendre les voix des comédiens d’à mots découverts, elles sont partie prenante du paysage humain des Morts qui touchent."
Extrait du journal de bord tenu par Axel Petersen
« […] Retour en salle de travail l’après-midi. Alexandre apporte 2 textes nouveaux : « Cantique du Cancer » et « Vladimir Jankélévitch »
Quand Alexandre était enfant en Primaire, on le surnommait « san-sandre » qui peut signifier vouloir dire « sans cendres » ou même « sang cendres ». Voilà pourquoi il a envie d’apparaître dans « Cantique du Cancer »
Alexandre aime le côté péremptoire de « Vladimir Jankélévitch ». Michèle demande : est-ce que cela fait théatre !? est-ce que cela ne ferme pas la porte ?! Et elle cite Antoine Vitez : un théâtre élitiste pour tous !
Essai Plateau :
Marie seule lit « Journal de Sahra Kane » en changeant de place et de position chaque jour. Puis Nicolas lit les chapitres de « Vladimir Jankélévitch » avec Marie qui répond et parle avec la voix de l’auteur … ici il y a du jeu et du sens possible !
Dominique demande quelle est la nécessité de « Vladimir Jankélévitch » car dans les autres textes, il y a une fable une histoire, mais là l’auteur est absent ! Alexandre : j’ai lu « L’irreversible et la nostalgie » de Vladimir Jankélévitch et j’ai vu que c’est ce que je vivais dans ma vie, depuis j’essaie de rendre sensible de faire toucher du doigt un texte philosophique de penser … Oui c’est un texte qui me devance Ce serait la thèse et less restes seraient ses virtualités Même texte en refrain où il va à la fn,i au centre ou au début
Michèle a l’impression d’être submergée par le texte, elle se refuse à être perméable à tout car cela donne le vertige, la matière est top dense, donc il faut de bulles d’air, de l’aération et des respirations.
Alexandre ne veut pas renoncer à la densité …
Extrait « les morts qui touchent »
